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Soutenance de thèse - Dounia Faynel, "Miroirs de la libération. Le concept de libération à l’âge séculier : critique épistémologique"

Date : Lundi 20 juillet 2026 de 15h à 18h

Lieu : Salle de réunion, RDC Pavillon Jardin | Institut Jean Nicod | École normale supérieure | 29, rue d’Ulm | 75005 Paris

Titre : "Miroirs de la libération : le concept de libération à l’âge séculier : critique épistémologique"

Résumé :
Ce projet philosophique se présente comme une critique épistémologique du concept de libération. Il montre que la libération, loin d’être une invention anthropologique, est un opérateur épistémique situé. Il s’attache ainsi à élucider la métamorphose que la modernité séculière a opérée sur cette notion. Cette dernière redéfinit, en effet, le sens même de la libération et, ce faisant, reconfigure ce que signifie être un sujet, désirer, parler, agir ou guérir — tout en présentant ce réagencement comme universel.

Cette thèse vise donc à expliciter la manière dont la notion moderne de libération tend à déformer les traditions discursives non modernes en traduisant leurs catégories propres dans un régime épistémique qui leur est étranger. Elle invite, dès lors, à un réexamen critique des présupposés implicites qui guident notre compréhension de la libération. Pour ce faire, elle explore la relation entre libération et tradition dans des cadres épistémiques situés variés — prémoderne, moderne et contemporain.

Cette investigation trouve une application dans le domaine politique, juridique et théologique (première partie) ainsi que dans l’analyse du rapport entre psyché et désir (seconde partie). La thèse se déploie ainsi selon deux grandes scansions : (1) « Miroirs séculiers » ; (2) « Miroirs thérapeutiques ».

La première partie, dans une visée déconstructive, approfondit le triptyque tradition, libération, sécularité. Elle analyse les théologies de la libération à travers le prisme de l’épistémè séculière, héritée de la philosophie des Lumières. En effet, si ces théologies se présentent comme anti-européennes et décoloniales, elles adoptent toutefois des mécanismes intellectuels hérités de la modernité séculière. Afin d’éclairer la conflictualité qui se noue entre sécularité et libération, cette scansion entreprend une analyse historico-critique du sécularisme, ainsi que de la généalogie du concept de « religion » qu’il institue.

La seconde partie, quant à elle, adopte une perspective reconstructive, en examinant le triptyque tradition, libération, psychologie. Elle vise à montrer que les cadres épistémiques séculier et islamique produisent des régimes de libération psychologique fondamentalement distincts, et que certaines méthodes, comme la thérapie par la parole développée par Freud, ne peuvent être transposées dans un cadre épistémique « traditionnel » sans anachronisme.

L’unité des deux parties ne tient pas seulement à un objet commun : elle relève d’une progression architectonique. La première scansion met en lumière la manière dont la modernité séculière reconfigure les traditions en traduisant leurs catégories propres dans son régime épistémique : elle analyse la transformation des cadres discursifs et institutionnels de la libération. La seconde scansion prolonge cette analyse à un niveau plus intérieur : elle montre que, lorsque les traditions sont reconfigurées, c’est la structure même du sujet, du désir et de la psyché qui se trouve métamorphosée.

Mots-clés : Libération ; Épistémologie ; Traduction ; Tradition ; Sécularité ; Psyché.

Directeur :
• Sacha Bourgeois-Gironde (IJN ENS)


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